L’ étrange destinée d’ INGEBORG de DANEMARK (1)
Reine de France
1193-1236


Ingeborg de Danemark, fille du roi du Danemark Valdemar 1er et de Sophie de Novgorod, naquit en 1175. En 1193, alors qu'elle avait 18 ans, son mariage avec le roi de France Philippe II Auguste fut célébré en la cathédrale d'Amiens le jour même de son arrivée. Le lendemain le roi la répudia.

Philippe II Auguste, naquit à Paris en 1165, fils de Louis VII le Jeune (roi de 1137 à 1180) et de la troisième épouse de ce dernier, Adèle de Champagne. En 1180, il devient roi en succédant à son père, il n’a que 15 ans. Énergique et habile, il est le premier roi capétien à avoir une vision de la monarchie aux dimensions de la France.

La même année, il épouse Isabelle de Hainaut, une union qui ne durera que 10 ans puisqu’Isabelle meurt en 1190. Comme s’était alors la coutume, il fallut trouver au Roi une nouvelle compagne qui pourrait entrainer de nouvelles alliances avec le royaume de France. Pour plusieurs raisons Philippe II Auguste a alors tourné son regard vers le Danemark.

Il existait au douzième siècle, entre la France et le Danemark, des relations assez suivies que diverses causes avaient fait naître. Sous le règne de Louis VII, la renommée de Saint Bernard avait attiré plusieurs fois en France Eskill, d’abord évêque de Roskilde, ensuite archevêque de Lund en Danemark, qui désirait se placer sous la direction de l’illustre fondateur de Clairvaux.

La célébrité des écoles de Paris attirait aussi en France une foule d’étudiants de toutes les parties de l’Europe. Les meilleures familles du Danemark envoyaient leurs enfants étudier à Paris, et avant la fin du douzième siècle, les jeunes danois qui venaient chercher l’instruction dans cette capitale, y avaient construit un établissement qui prit le nom de Collège de Dace (ou du Danemark). Ce serait la plus ancienne maison fondée à Paris pour des étudiants étrangers.

Enfin, des considérations politiques contribuèrent encore à opérer un rapprochement entre les deux nations. La maison royale de Danemark cherchait, vers cette époque, à contracter des alliances avec les familles puissantes, soit en Allemagne, soit dans les autres états d’Europe. D’un autre côté, la rivalité d’intérêts et de gloire qui divisait Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste, devait faire désirer au roi de France l’appui des anciens ennemis de l’Angleterre, en particulier le Danemark.

Knud VI qui régnait alors au Danemark dut être flatté des bienveillantes dispositions d’un prince aussi puissant que le roi de France.

L’idée d’un mariage entre Philippe II Auguste et sa sœur, la belle Ingeborg, prit alors naissance.

source Wikipedia

 

Psautier d' Ingeborg

 Guillaume (Vilhem), abbé du cloître de Saint Thomas du Paraclet à Æbelholt dans le nord de l’île de Sjælland fit un voyage à Paris où il négocia le mariage de Philippe Auguste avec la sœur du roi Knud. A la suite de quoi, Philippe envoya une ambassade solennelle au Danemark pour recevoir et ramener la princesse. Le monarque danois reçut magnifiquement les envoyés français et s’empressa de déclarer que de grand cœur il accordait la main de sa sœur au roi de France.

 

 

L’envoyé de Philippe Auguste, questionné sur la dot demandée par son maitre, indiquât alors que le roi voulait «l’ancien droit des Danois sur l’Angleterre et pour le faire valoir, une flotte avec une armée pendant une année». Les Grands du Danemark ainsi que le roi se montrèrent peu favorables à ces prétentions prétextant qu’ils avaient fort à faire dans leurs propres états pour accepter de participer à une expédition contre l’Angleterre: «que le roi de France songe à une autre dot !». L’émissaire royal français demanda alors 10.000 marks d’argent, somme que Knud VI accorda et promit de payer sans délai.
 

 

Philippe Lagier
Sources : Hercule Géraud, historien (1844)