Rencontre avec ...    Selma

 

Née de mère danoise et de père français, Selma représente la jeune génération des quelques 2000 binationaux franco-danois résidant au Danemark. Double nationalité, bilinguisme, biculturalisme, comment vit-on avec un tel héritage ? Nous avons essayé de comprendre ....

 

Aussi loin que tes souvenirs remontent, comment vit-on dans une famille biculturelle ?

Je n'ai jamais eu l'impression d'être dans une situation différente de celle de mes amies à l'école. Les enfants ne se posent pas autant de questions que les adultes ... A la maison nous parlions tous en français lorsque mon père était présent et en danois en son absence. Je n'ai aucun souvenir d'une difficulté quelconque avec cette situation. Le problème de la langue vient plus tard, quand on veut exprimer des sentiments plus complexes et que le vocabulaire manque. Parfois ça peut-être vraiment frustrant.

Tu as fréquenté l'école danoise, pourquoi pas l'école française ?

J'ai toujours été dans une école danoise, de la maternelle jusqu'au lycée. Pour quelles raisons? C'est à mes parents qu'il faut poser la question, je ne me souviens pas d'avoir été consultée avant de rentrer à l'école primaire! Je peux quand-même dire que l'absence d'école bilingue à Copenhague et de section bilingue au lycée français limitait les possibilités ...

Suivais-tu des cours de français en dehors de l'école ?

Non, jamais jusqu'au lycée où j'ai bien sûr choisi le français comme deuxième langue étrangère. C'est seulement là que j'ai commencé à travailler l'écrit et la grammaire ce dont j'avais vraiment besoin! Mes camarades choisissaient plutôt l'allemand car le français avait la réputation d'être difficile, ce qui est bien vrai d'ailleurs!

Je suppose que tu vas régulièrement en France ?

Oui, bien sûr, aller en France en avion ne prend pas plus de temps que de conduire jusqu'à Aarhus. J'y vais chaque été pour rendre visite à ma famille. On y passe beaucoup de temps à table, un vrai plaisir, mais on s'arrange quand-même pour faire un peu de tourisme. L'hiver nous allons régulièrement skier dans les Alpes. Il m'est aussi arrivé d'y aller chanter avec ma chorale.

  source BILLED-BLADET

La chorale du lycée ?

Non, la chorale de filles de Danmark Radio (Pigekor) que je viens de quitter d'ailleurs. C'est une activité très prenante avec les répétitions, les cours de chant, des enregistrements pour la télévision, sans oublier bien sûr les concerts, peut-être une vingtaine par an y compris ceux à l'étranger. Nous sommes allé en Chine, avec la petite sirène !, en Australie, au Canada, au Groenland, en Allemagne, etc. C'est passionnant mais lorsqu'on est en terminale au lycée, mieux vaut bien s'organiser !

 

Effectivement ... As-tu aussi des activités avec la communauté française au Danemark ?

En général non, mes seuls contacts sont limités à des occasions spéciales, le 14 juillet à l'ambassade par exemple ou encore au consulat pour des papiers. Je me suis inscrite au registre consulaire cette année et l'année prochaine j'irai certainement voter !

Tu te sens concernée par ce qui se passe en France ?

Oui, évidemment. Déjà c'est presqu'une tradition dans ma famille d'avoir des alliances binationales. Mon arrière grand-mère danoise était mariée à un Français et vivait en France. Alors chez moi il y a toujours de la France dans l'air, y compris dans la cuisine où ça sent plus souvent le bœuf bourguignon que les 'frikadelle' !

Si je me sens française ? C'est difficile à expliquer. Par exemple, quand je sais que certains évènements touchent ma famille française je me sens clairement concernée. C'est en fait le lien familial qui détermine votre nationalité, ce n'est pas votre passeport. Il y a ici comme en France de nombreux débats sur la double nationalité qui n'ont aucun sens à mon avis.

MK


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