Portrait

Olivier PELTIER

 Par Yves Mongelard

 

Pour aller à la rencontre d’Olivier Peltier, moi qui ne suis ni artiste, ni critique d’art et même pas journaliste, j’étais plutôt dans mes petits souliers. Mais dès le début de notre conversation, il m’a convaincu qu’il y avait en chacun de nous une compétence naturelle pour la créativité. Pour lui tout est question de prendre conscience de ce don et de savoir comment le développer, notre environnement ayant bien sûr une influence certaine  sur cette prise de conscience.

Très jeune, Olivier Peltier a toujours ressenti un besoin diffus de créer mais sans pouvoir vraiment le définir et donc l’exploiter. Un père, peintre amateur, et un frère élève aux Beaux-arts, cela aurait pu être un stimulant. Paradoxalement ce fut plutôt un frein car il pensait que tous les trois ne pouvaient avoir les mêmes dons  et que les siens devaient être ailleurs.

 

Finalement, c’est vers la cuisine qu’il se dirigera et où il travaillera pendant plusieurs années à Paris. Un métier non sans ressemblance avec la peinture, recherche d’alliances de couleurs ou de saveurs. Un métier passionnant sans doute mais qui prend une trop grande partie de sa vie privée. Il décidera alors de faire une pause et de partir en Inde où il restera un an. A son retour à Paris, avant de reprendre le travail, il part au Danemark pour y passer une semaine. Il n’en repartira pas et s’installera définitivement a Copenhague !

 

Après quelques années, la perte de son emploi va être l’évènement qui va le décider à s’engager dans une voie nouvelle où il pourra satisfaire un besoin de création assez bien défini à présent. Il reçoit le soutien financier du système social danois pendant deux ans pour suivre les cours d’une école de peinture. A sa sortie, une nouvelle aventure commencera ! Ce ne sera  toutefois pas le travail sur toile mais la décoration d'intérieur (encadrements de portes et de fenêtres, petits meubles, ..) et la scénographie (danse, théâtre) en utilisant comme support du carton de récupération. Une approche qu’on pourrait presque qualifier d’ ‘artisanale’.

30x30 mixed media on canvas            

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C’est un peu plus tard qu’il viendra au travail sur toile qui l’occupe principalement aujourd’hui. Olivier Peltier n’est pas un dessinateur, c’est dans l’abstrait qu’il aime s’exprimer. Il travaille ses tableaux sur "un fond de bandes dessinées ou de photos, recouvertes ou à moitié effacées par les superpositions de matières plus ou moins agencées selon un ordonnancement que lui seul connaît. Il s’agit de ciments et d’enduits mélangés à de la résine ..." (voir l’analyse de J-Michel Smoluch sur le site Olivier Peltier).

 

 30x30 mixed media on canvas

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Son art ne remplit toutefois pas toute sa vie. Si ses œuvres se vendent bien, c’est de façon irrégulière comme pour tous les artistes, avec des pics lors d’un salon par exemple et des périodes plus calmes. Il reprendra donc un job de cuisinier pour assurer une régularité plus grande des revenus familiaux. D’un autre côté, il tient à préserver la place  importante que lui, son épouse Séverine et leurs trois enfants donnent à la vie familiale. Séverine, elle-même très occupée par l’ Atelier Pilates qu’elle a ouvert il y a quatre ans, s’accorde avec Olivier pour dire que trouver le bon équilibre n’est pas chose aisée .... mais que cela est beaucoup plus facile à Copenhague qu’à Paris où ils ont grandi tous les deux. Vous avez deviné qu’ ils ne sont pas prêts d’y repartir ! Olivier Peltier aime à citer la boutade lancée à Marcel Duchamp "votre meilleure œuvre est celle de l’emploi de votre temps",  tout un programme !