Rencontre avec .......

LUC DE VISME

Un homme engagé, bien intégré dans la société danoise mais qui est resté profondément français. il utilise le danois en famille mais milite contre la disparition progressive du français dans les écoles danoises. On l'a vu faire la promotion des voitures électriques à COP 15, la conférence sur l'environnement. On l'a vu colistier sur les listes électorales de sa commune. Ajoutons que c'est lui qui nous a dévoilé les mystères de la réalisation d'un site internet et qu'il fait partie de l'équipe de rédaction. Alors nous avons pensé qu'il était grand temps de vous le faire rencontrer ...

Luc, cela fera bientôt 40 ans que vous vivez au Danemark. Quelles sont les raisons qui on poussé un méridional à venir s'installer au Danemark ?

LDV: En tout cas, ce ne sont pas les conditions climatiques, même si tout jeune je rêvais de voir tomber la neige. A Montélimar, cela arrive tous les 10 ans et si mes souvenirs sont exacts, je n'ai pu faire qu'un seul bonhomme de neige dans toute mon enfance.  Si je suis installé au Danemark, c'est suite à ma rencontre au Maroc avec une jeune Danoise alors que je faisais mes études d'ingénieur à Paris.  C'est après deux années de coopération à Oran en Algérie, que j'ai rejoint mon épouse et notre premier fils pour m'installer à Roskilde où nous sommes restés huit ans. Maintenant chez Schneider Electric, je travaillais à l'époque au laboratoire 'haute tension' de Danmark Tekniske Højskole.

Après tant d’années, vous devez vous sentir plus danois que français ?

Cordouan

Baagø

LDV: Il est vrai que je me comporte en Danois de temps en temps, je mange à la danoise, membre de l'Église réformée je vais aussi au culte danois pour les fêtes, j'ai été membre de plusieurs associations danoises, président de l’Association Artistique de Birkerød, organisateur de la Nuit de la Culture, membre de l'association des Amis du Phare de Baagø (jumelé avec celui de Cordouan, le Roi des phares, une petite aventure culturelle entre la France et le Danemark dans les années 2000-2003, avec des expositions et des échanges associatifs).

 

Vous êtes aussi engagé dans des associations françaises ?

LDV: Oui, bien sûr, car vous savez, je suis toujours profondément attaché à ma culture. Lorsque j'habitais dans le Sud du Jutland, j’étais président de l’Alliance française à Aabenraa. De retour en Sjælland, à Birkerød, l'éloignement de Copenhague rendait moins fréquentes mes relations avec les Français vivant au Danemark. C'est mon implication dans la préparation des élections présidentielles de 2007 qui m'a remis en contact avec eux. Et depuis, me voilà de nouveau actif au sein des associations ou encore sur Facebook où j'ai créé un groupe pour réagir contre la disparition progressive de l'enseignement du français dans les écoles danoises.

 

Pour la défense du français

A propos de langues, vos enfants parlent-ils le français ?

LDV: Au début, je ne parlais que le français à la maison ce qui n'était pas un problème pour mon épouse car elle enseignait le français dans un lycée danois. Comme nous habitions loin de Copenhague, nous n’avons pas mis nos enfants à l’école française. Leur éducation s'est donc faite en danois, leur langue maternelle. De mon côté, j’ai cessé de leur parler français au moment où ils sont entrés à l'école mais ils ont retrouvé le français comme deuxième langue au collège et peuvent maintenant bien se débrouiller en France.

Vous avez mentionné votre engagement dans la vie politique. Dans la vie politique danoise aussi ?

LDV: Oui, cela fait plus de 8 ans que me suis engagé dans la politique danoise locale. C’est la conséquence logique de l’intérêt qu’on a pour l’endroit où l'on vit. En 2009, j'étais d'ailleurs candidat sur une liste locale pour les élections de ma commune.

 

On vous a vu à la télévision lors de la Conférence sur l'environnement COP15. Êtes-vous aussi actif dans ce domaine ?

LDV: Actif, non, mais attentif en tout cas, chroniqueur par exemple dans les journaux danois ou sur lemonde.fr. J'étais effectivement présent à COP15 pour présenter la compagnie Move About et le système de location de voitures électriques qu'ils développent sur Copenhague. Cela m'a d'ailleurs permis de rencontrer Ségolène Royal venue soutenir l'équipe de chez Heuliez pour la promotion de leur voiture électrique.

La nostalgie, quand on rencontre des Français de passage ?

LDV: Oui, mais c'est surtout avec l’âge que l'idée de retourner au pays vous vient de temps en temps. La perspective d'une retraite qui s'approche et du temps que l'on peut organiser librement, vous incite à y penser ....