Rencontre avec Jérôme Chenevez

 

Si nous avons rencontré Jérôme Chenevez pour cette fin d’année ce n’est pas par hasard. Décembre est le mois des étoiles, celles décorant rues et vitrines, celle des rois mages, celle du sapin de Noël, etc. et  Jérôme les connaît bien les étoiles, il est astrophysicien.

Nous avions convenu d’un rendez-vous, le 17 novembre d’ailleurs, le jour où étaient prévues des pluies d’étoiles filantes léonides assez spectaculaires. Et en effet il a bien plu ce jour-là, mais c’était des trombes d’eau !

Alors nous sommes restés à l’intérieur pour parler un peu du pays. Né à Amiens, Jérôme en est parti à l'âge de six mois et a passé sa jeunesse dans plusieurs régions de France en raison des obligations professionnelles de son père. Les déménagements, il a donc l’habitude! Le dernier en France sera pour Montpellier afin d'y préparer une maitrise de sciences, spécialité astrophysique, suivie d’un doctorat en géophysique. C’est là qu’il rencontrera Mette, étudiante danoise en droit et économie, qui le convaincra sans grande difficulté (dit-il) de partir pour le Danemark. Arrivés à Copenhague en 1996, ce sera alors une année de ‘pause’, la recherche d’un job et l’apprentissage du danois.

Rayonnement X

Nova IGR J17497-2821

(source ESA)

Après cette année, c’est l’Institut météorologique danois (DMI) qui lui offrira son premier poste fin 1997. Et puis en 2002 suivra une offre du Danish National Space Center pour travailler sur un satellite d’observation du rayonnement X et gamma (INTEGRAL) de l'Agence spatiale européenne,  un domaine plus proche de sa spécialisation: les étoiles à neutrons (cadavres super denses d’étoiles massives) et les explosions thermonucléaires que l’on peut observer à leur surface*.  Ce satellite est notamment équipé d’un télescope à rayons X (JEM-X) construit par le Danemark qui en assure maintenant la maintenance.

Arrivés à ce point de notre conversation, et pour éviter de paraitre totalement ignares, nous avons vite changé de sujet et avons alors évoqué sa vie d’expatrié. La question notamment de l’éducation des enfants nés d’un couple biculturel, comme c’est le cas des deux jeunes enfants de Mette et Jérôme. Quelle langue parler à la maison ? Quelle école,  école française ou école danoise ?  

 

Pour Mathilde et Philip, ce sera l’école danoise et la langue "officielle" à la maison (Jérôme dixit), est le français. Mette leur parle toutefois le plus souvent en danois. Jérôme vous conseillera d'ailleurs de suivre l'avis des spécialistes qui recommandent de s'en tenir à une seule langue par parent, la langue minoritaire (le français dans son cas) pouvant cependant être utilisée occasionnellement par le parent représentant de la langue environnante.
 

L'absence de cours de français dans les écoles danoises pose toutefois un problème. C'est pour cette raison que Jérôme avait pris l’initiative début 2009 de rassembler des parents dans la même situation pour l’organisation de tels cours. Une opération qui malheureusement n’a pu réunir cette année les 12 inscriptions nécessaires pour que la commune apporte un soutien financier. Il leur faudra donc relancer l’opération pour la rentrée 2010, deuxième tentative qui normalement devrait aboutir compte-tenu du nombre de francophones installés à Copenhague (voir annonce).

 

Alors souhaitons leur bonne chance .....

 


* Nous, les néophytes, avons apprécié cette vidéo (durée 23 mn) expliquant de façon simple et claire la question des rayonnements X . On peut notamment y ‘écouter’ les étoiles (2e moitié de la 1ere vidéo). Il s’agit d’une transposition sonore des rayonnements X captés par un télescope.

Pour vous qui êtes beaucoup moins néophytes, voir article de Jérôme sur le site scientifique de l'Ambassade de France.